Introduction : la thérapie cognitivo-comportementale en France

La thérapie cognitivo-comportementale et la France

 

La Thérapie Cognitivo-Comportementales (TCC) est non seulement la psychothérapie fondée sur des preuves la plus connue aujourd’hui, elle est aussi la plus étudiée (Prochaska et Norcross, 2010).

Cependant en France, selon la Fédération Française de Psychothérapie, la TCC aurait relativement peu d’impact en dehors de quelques hôpitaux, grâce à laquelle des phobies et des troubles obsessionnels sont traités. En effet, en France il semblerait qu’il n’y ait que quelques centaines de thérapeutes TCC, pour la plupart psychiatres, dont les plus connus sont Jean Cottereau et Christophe André (Ginger, 2004). La TCC n’est enseignée que dans certaines universités françaises et la plupart de ses praticiens sont des médecins. (Gingembre, 2004).

À cet égard, la France serait quelque peu unique parmi les pays développés. En effet, c’est historiquement l’un des pays où l’étude de la psychanalyse est la plus développée dans les universités. Ce n’est que très récemment qu’un déclin a été observé dans le milieu universitaire français au profit de psychothérapies plus modernes telles que la TCC (Ginger, 2004).

Première vague

 

La TCC s’est développée à partir de la thérapie comportementale dans les années 1950, les thérapeutes se concentrant sur la façon dont les gens apprenaient ; l’évaluation et le traitement se limitaient aux comportements strictement observables chez le client ; ce modèle comportemental est qualifié de « première vague » en lien avec la TCC (Benfer et al., 2021).

Un changement quelque peu révolutionnaire a eu lieu à la fin des années 1960 et au début des années 1970 ; on pensait que les pensées problématiques du client, ou cognitions pas très utiles, provoquaient une détresse émotionnelle et des psychopathologies (Beck, 2011), bien qu’il ait fallu un certain temps avant que le modèle cognitif ne devienne populaire auprès des cliniciens et des chercheurs (Dozois et al., 2010).

Deuxième vague

 

De la fin des années 1970 au début des années 1990, les modèles comportementaux et cognitifs se sont combinés pour devenir ce que l’on appelle généralement la « thérapie cognitivo-comportementale » ou TCC ; ceci est considéré comme la TCC de « deuxième vague » (Benfer et al., 2021).

Troisième vague

 

Le terme « troisième vague » est apparu pour la première fois dans la littérature en 2004 dans le but de regrouper la famille croissante de thérapies qui se concentrent sur le contexte plutôt que sur le contenu (Hayes, 2002). En d’autres termes, le problème n’est pas ce que le client pense, mais ce qu’il en pense.

Illustration des différentes vagues de la TCC

Nous pouvons imaginer un exemple de quelqu’un souffrant de la peur de l’avion.

 

Un thérapeute de première vague dirait que le client a appris, ou a été conditionné, à paniquer automatiquement lorsqu’il monte dans un avion : monter dans l’avion est le stimulus conditionné et la panique est la réponse conditionnée. Le traitement consiste à exposer le client à la situation menaçante à plusieurs reprises et à petites doses afin qu’il apprenne à cesser de lier la panique au fait de monter dans un avion.

Un thérapeute de deuxième vague dirait que le problème est que le client a une pensée du genre « si je monte dans l’avion, je vais paniquer, faire une crise cardiaque et mourir ». Le traitement aide le client à considérer les preuves qui prouvent objectivement que cette pensée n’est probablement pas vraie.

Un thérapeute de la troisième vague aiderait ce client à accepter l’inconfort de ses pensées et de ses sentiments, à prendre une certaine distance par rapport à la pensée, à prendre pleinement conscience de son expérience. Plus globalement, il encouragerait également le client à adopter des comportements qui reflètent ses valeurs les plus importantes.

Dans chaque cas, le thérapeute TCC cherche à diminuer la souffrance du client et donc ses symptômes.

Références

 

Benfer, N., Spitzer, E., & Bardeen, J. (2021). ‘Efficacy of third wave cognitive behavioral therapies in the treatment of posttraumatic stress: A meta-analytic study’. Journal of Anxiety Disorders. 78.

Dozois, D. J. A., Dobson, K. S., & Rnic, K. (2010). Handbook of cognitive-behavioral therapies. Guilford Press: New York.

Ginger, S. (2004). ‘La Psychothérapie en France’. Site web de la Fédération française de psychothérapie. Consulté 15 January 2023. Disponible à: http://www.psycho-ressources.com/bibli/psychotherapie-fr-hist.html

Hayes, S. C. (2002). ‘Acceptance, mindfulness and science’. Clinical Psychology: Science and Practice. 9(1), pp. 101–106.

Prochaska, J. O., & Norcross, J. C. (2010). Systems of Psychotherapy: A Transtheoretical Analysis. 7th edition. Brooks/Cole: Belmont, CA.